A SMALL COLLECTION OF ANTIQUE SILVER
AND OBJECTS OF VERTU

un article de Robert Massart,
pour
ASCAS - Association of Small Collectors of Antique Silver
a small collection of antique silver and objects of vertu
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LA DYNASTIE DES ORFÈVRES NESME DE LYON

 
INTRODUCTION

Pendant l'Ancien Régime la France avait acquit une supériorité dans l'art de l'orfèvrerie. Bien que des villes comme Strasbourg, Bordeaux et Marseille possédaient des ateliers remarquables, Lyon eut une importance plus grande que les autres villes par les créations artistiques de ses orfèvres. L'orfèvrerie religieuse constituait une part importante de la production lyonnaise et parvenait même à rivaliser avec Paris.
Près de 1300 orfèvres ont exercé à Lyon jusqu'à la Révolution et 1227 orfèvres et bijoutiers y ont été recensés entre 1798 et 1940.

Au XIVe et XVe siècle le commerce à Lyon s'ouvrait vers l'extérieur, attirant des orfèvres étrangers, qui profitaient à ce moment d'un régime libéral qu'ils ne trouvaient nulle part ailleurs.

Lyon connaissait une renommée grandissante pour son orfèvrerie et sa joaillerie pendant le XVIe siècle. Le nombre d'orfèvres s'élèvait alors à 524. Cet effectif diminuait considérablement au XVIIe siècle car Paris prenait le dessus suite à la passion de Louis XIV pour les ouvrages d'or et d'argent et les commandes importantes que le roi et sa cour passaient aux orfèvres Parisiens.

En 1688 l'état, appauvri par les guerres, obligeait le roi de passer l'argenterie à la fonte afin de remplir à nouveau le Trésor. Cela résultait évidemment à une diminution des commandes et une réduction du nombre d'orfèvres.

Au XIXe et le XXe siècle Lyon devenait un des premiers fournisseurs de l'église et rivalisait avec Paris. Des maisons d'orfèvres comme Armand-Calliat (voir la note 1), Favier (voir la note 2) et Nesme connaissaient une longévité remarquable.
La maison de François Calliat fondée en 1820 était reprise en 1924 par Amédée Cateland (voir la note 3) et les ateliers de ce dernier continuaient leurs activités jusqu'en 1967.
Les Nesmes parvienaient à poursuivre leurs activités de 1715 après la Révolution jusqu'en 1963.
La famille Favier, qui s'installait en 1824, conservait son activité pendant 150 ans jusqu'en 1976.




LA FAMILLE NESME

La dynastie de la famille Nesme est réprésentative pour l'orfèvrerie de Lyon au XVIIIe et XIXe siècle et en particulier pour l'orfèvrerie religieuse.

Pierre Nesme
Marchand, eut trois fils, Blaise, Denis I et André-Denis, qui tous les trois devenaient orfèvre.

Blaise Nesme
Né vers 1698, il fut apprenti orfèvre chez Pierre III Barberet (1659-1715) à Lyon, puis compagnon orfèvre chez la veuve Barberet, née Jeanne Guerre. Il devenait orfèvre le 6 septembre 1727 et s'installait à Villefranche en Beaujolais. Son poinçon est composé des lettres B et N, une couronne au-dessus et un croissant au-dessous.
En 1749 il fut accusé pour défaut de poinçon de jurande et pour marquer ses pièces trois fois de son poinçon de maître. Blaise Nesme eut cinq enfants dont trois, Théodore, Frédéric II et Gabriel, devenaient orfèvres.


Théodore Nesme, dit Nesme Mory
Né en 1736, devenait orfèvre le 21 mars 1760 et s'installa d'abord à Villefranche, puis en 1767 à Lyon. Après la saisie à son appartement de 319 objets en or ou en argent, non revêtus de la marque, le tribunal correctionnel de Lyon le condamna le 26 juillet 1800 à une amende de 200 francs, et ordonna que les ouvrages saisies soient portés au bureau de garantie, pour y être marqués, et remis ensuite à l'orfèvre, en acquitant les droits.
Néanmoins, la cour cassait le jugement en pourvoi tenant compte que la saisie n'eut lieu dans sa boutique, que des ouvrages vieux, marqués seulement des poinçons anciens, étaient destinés à la refonte, et que les neuf objets, non marqués, n'étaient pas achevés.


Frédéric II Nesme
Obtenait sa maîtrise le 7 avril 1770 et s'installa à Lyon.

Gabriel Nesme
Obtenait son titre d'orfèvre le 21 avril 1778.

Denis I Nesme
Devenait maître orfèvre le 20 février 1715 à Lyon. Son premier poinçon est composé des lettres D et N, une étoile au-dessous et une couronne au-dessus; pour le deuxième poinçon un point est rajouté entre les lettres D et N. Denis I Nesme eut un fils Frédéric I, qui devenait maître orfèvre à Lyon le 5 juillet 1749.

André-Denis Nesme, dit Nesme le jeune
Obtenait sa maîtrise à Lyon le 1er août 1720. Il a deux poinçons, les lettres ADN surmontées d'une couronne, ainsi que les lettres ADN surmontées d'une couronne et un point entre les lettres A et D. Certaines de ces oeuvres démontrent qu'il a collaboré avec son frère Denis I, ainsi qu'avec Mathieu Bouvier (voir la note 4). André-Denis eu deux fils, Denis II Nesme et Pierre Nesme qui devenaient maître orfèvre à Lyon à la même date le 18 août 1753.

François Nesme
Fils de Pierre Nesme, il obtenait sa maîtrise à Lyon le 27 novembre 1788, s'installa dans la Petite rue des Orfèvres à Lyon et parvenait à poursuivre ses activités après la Révolution.
Le 9 novembre 1797 (19 Brumaire an 6) (voir la note 5) la loi relative à la surveillance du titre et à la perception des droits de garantie des matières et ouvrages d'or et d'argent précise :
Il y a , pour marquer les ouvrages tant en or qu'en argent trois espèces principales de poinçons, à savoir:
celui du fabricant, qui porte la lettre initiale de son nom, avec un symbole,
celui du titre, qui porte l'empreinte d&un coq,
celui du bureau de garantie, désignant la grosse garantie, moyenne ou petite.

Entre 1813 et 1818 et telle qu'imposée par cette loi, François soumettait ses nouveaux poinçons en forme losangique au bureau de garantie. Le premier poinçon avec les lettres F et N et le deuxième, les lettres F et N et deux fleurons.



 

Marie Nesme
Était la veuve de Pierre Blanchard, un marchand orfèvre. Son poinçon VEB lui fut attribué vers 1843. Elle était d'abord active 6 place Saint-Nizier à Lyon, puis 4 place de l'Herberie à Lyon.

Berger-Nesme
Les associés Charles-Frédéric Berger et Henri Nesme (né en 1856), étaient des fabricants d'orfèvrerie d'église et d'orfèvrerie de table. Leur atelier était situé 25 montée du Chemin-Neuf à Lyon, puis en 1900 à 122 rue Saint-Georges, Lyon.
Leur poinçon, les lettres B et N, un calice entre les lettres, fut insculpé le 16 décembre 1889 et biffé en 1924.

 
Berger-Nesme: bowl/jatte
jatte
 

Berger, Nesme & Sève

De 1891 à 1897 François-Louis-Elysée Sève s'associait avec Charles-Frédéric Berger et Henri Nesme. L'atelier restait à 122 rue Saint-Georges, Lyon. Le poinçon restait identique, lettres B et N et un calice.

Berger-Nesme
Toujours situé à la rue Saint-Georges 122, les deux associés Charles-Frédéric Berger et Henri Nesme continuaient leurs activités de 1897 jusqu'en 1910. Ils diversifiaient la production et, grâce à la fabrication de bronzes d'église, la société parvenait à survivre.

Henry Nesme
Fabricant d'orfèvrerie d'église et d'orfèvrerie de table, 122 rue Saint-Georges, Lyon. Deux poinçons, un calice entre les lettres H et N dans un losange et les lettres H et N séparées par un point dans un carré, sont insculpés le 25 juillet 1924 et biffés le 31 décembre 1964.
 
Henry Nesme: chalice/calice
calice
 
Henry Nesme: chalice/calice
calice
 
Henry Nesme: chalice and paten/calice et patène
calice et patène
Henry Nesme: monstrance/ostensoir
ostensoir
 
Henry Nesme: tea and coffee service/service à thé et café
service à thé et café

Nesme & Ollagnier

Début des activités en 1926. A la mort de Henry Nesme en 1935 sa veuve Jeanne-Marie-Louise Bertaudin et son gendre Jean-Marie-Ferdinand Ollagnier continuaient l'entreprise au 122 rue Saint-Georges, Lyon.

 
Nesme & Ollagnier: tea and coffee service/service à thé et café
service à thé et café
 
Nesme & Ollagnier: catalog/catalogue
catalogue
 
Nesme & Ollagnier: business card/carte de visite
carte de visite

Henri Ollagnier Fils

Vers 1950 le fils de Jean-Marie-Ferdinand Ollagnier reprenait l'atelier qui fut toujours situé 122 rue Saint-Georges, à Lyon. La société fesait faillite en 1963 et le poinçon était biffé en 1964.



FAMILLE NESME - LYON
 
 
POINÇON
NOM
ADRESSE
DESCRIPTION DES POINÇONS
INSCULPATION
DÉBUT DE L'ACTIVITÉ
PÉRIODE
 
 
Pierre Nesme
marchand
 
 
 
DN
Denis I Nesme
fils de Pierre Nesme
Lyon
Les deux lettres DN, une étoile au-dessous, une couronne au-dessus


DN, un point, une étoile, une couronne
Maître orfèvre 20.2.1715
ADN
André-Denis Nesme (le jeune)
fils de Pierre Nesme
Lyon
ADN, un point entre les lettres A et D,
une couronne au-dessus
Maître orfèvre 1.8.1720
BN
Blaise Nesme: mark(*)
Blaise Nesme
fils de Pierre Nesme
Né 1696, mort avant 1770
Apprenti de Pierre III Barberet en 1713 à Lyon
Villefranche-sur-Saône
Les lettres B et N, une couronne au-dessus
un croissant au-dessous
Orfévre 6.9.1727
FN
Frédéric I Nesme
fils de Denis I Nesme
Lyon
Les lettres FN, une couronne au-dessus, une rose au-dessous

Les lettres FN, un point au milieu

FN, une hermine, une rose, une couronne
Maître orfèvre 5.7.1749
DN
Denis II Nesme: mark (*)
Denis II Nesme
Fils d'André Nesme
Lyon
DN, une couronne dessus, une fleur de lys dessous
Maître orfèvre 18.8.1753
PN
Pierre Nesme: mark (*)
Pierre Nesme
Fils d'André Nesme
Lyon
Les lettres PN, une couronne dessus, une fleur de lys dessous


Les deux lettres PN
Maître orfèvre 18.8.1753
TN
Théodore Nesme (Nesme Mory)
Fils de Blaise Nesme
Villefranche-sur-Saône (1)
Lyon (2)
TN surmonté d'une couronne avec une étoile au-dessous



TN avec un point au milieu
Orfèvre 21.3.1760
FN
Frédéric II Nesme
Fils de Blaise Nesme
Lyon
FN, surmonté d'une couronne et un croissant au-dessous
Maître orfèvre 7.4.1770
GN
Gabriel Nesme
Fils de Blaise Nesme
Lyon
G et N couronné et en bas une tête humaine



Les lettres G et N
Orfèvre 21.4.1778
 
 
Veuve Denis II Nesme
Lyon
 
1778-1788
FN
François Nesme
Fils de Denis II Nesme
Lyon, Petite rue des Orfèvres
FN couronné et une petite fleur au bas


Les lettres FN
Maître orfèvre 27.11.1788
FN
François Nesme
fils de Denis II Nesme
Lyon, Petite rue des Orfèvres
FN dans un losange

FN et deux fleurons dans un losange
Poinçons insculpés entre 1813 e1818
VEB
Marie Nesme, veuve Blanchard
prédécesseur: Pierre Blanchard
Lyon, 6 Place Saint Nizier (1)
Lyon, 4 Place de l'Herberie (2) (1848)
Les lettres VEB
Poinçon insculpé vers 1843
BN
Berger - Nesme
Charles-Frédéric Berger, Henri Nesme
Orfèvres, fabricants d'orfèvrerie d'église et d'orfèvrerie de table
Lyon, 25 montée du Chemin-Neuf (1)

Lyon, 122 rue Saint-Georges (2) (1900)
BN un calice
1889-1891
Poinçon insculpé 1889
Biffé 1924
BN
Berger, Nesme & Sève
Charles-Frédéric Berger, Henri Nesme, François-Louis-Elysée Sève
Lyon, 25 montée du Chemin-Neuf
BN, un calice
1891-1897
BN
Berger & Nesme
Charles-Frédéric Berger, Henri Nesme
Orfèvres, fabricants d'orfèvrerie d'église et d'orfèvrerie de table
Lyon, 122 rue Saint-Georges
BN, un calice
1897-1910
HN
Henry Nesme
Remplacé par sa veuve Marie-Loise Bertaudin et Jean-Marie-Ferdinand Ollagnier après sa mort en 1935

Orfèvre, fabricant d'orfèvrerie d'église et d'orfèvrerie de table
Lyon, 122 rue Saint-Georges
HN, un calice





HN, un point entre les lettres
Poinçon insculpé 1924,
biffé 1964




Poinçon insculpé 1924,
biffé 1964
HN
Nesme & Ollagnier
Manufacture d'Orfèvrerie d'Eglise et de Table
Orfèvres, fabricants d'orfèvrerie d'église et d'orfèvrerie de table
Lyon, 122 rue Saint-Georges
Un calice entre les lettres B et N
Début des activités 1926
HN  
Henri Ollagnier fils
Fils de Jean-Marie-Ferdinand Ollagnier
Orfèvre, fabricant d'orfèvrerie d'église et d'orfèvrerie de table
Lyon, 122 rue Saint-Georges
 
Vers 1950. Faillite 1963, poinçon biffé 1964
(*) Les poinçons son représentés comme décrit dans "L'orfèvrerie de Lyon et de Trévoux"
 


REMARQUES
- note 1: La maison est fondée en 1820 par François Calliat. A sa mort en 1851, Thomas-Joseph Armand (1822-1901), qui a épousé la fille de Calliat, reprend l'atelier au nom de Armand-Calliat. De 1853 à 1901 la société devient un des plus grands fabricants d'orfèvrerie religieuse et connait une renommée internationale.
- note 2: Voir l'article # 188 "La Famille Favier, trois villes et 150 ans d'orfèvrerie" dans le site ASCAS
- note 3: : Amédée Cateland, architecte et orfèvre, né le 19 septembre 1876 à Tarare (Rhône) et décédé le 11 février 1938 à Lyon (Rhône), est influencé par l'Art Deco et renouvelle l'orfèvrerie religieuse à Lyon.
- Note 4: Orfèvre à Trévoux
- Note 5: Le mois de Brumaire était le deuxième mois du calendrier républicain français. Le mois était nommé d'après le mot brume.

BIBLIOGRAPHIE
- Les orfèvres de Lyon, du XIVe au XVIIIe siècle, M. Natalis Rondot, 1888
- International hallmarks on Silver collected by Tardy, 2005
- L'orfèvrerie de Lyon et de Trévoux du XVe au XXe siècle, Maryannick Chalabi & Marie-Reine Jazé-Charvolin, 2000
- Poinçons des fabricants d'ouvrages d'or et d'argent, Lyon 1798-1940, Maryannick Chalabi & Marie-Reine Jazé-Charvolin, 1993
- Dictionnaire des poinçons de fabricants d'ouvrages d'or et d'argent, Paris 1838-1875,Catherine Arminjon, James Beaupuis, Michèle Bilimoff, 1994
- Jurisprudence générale du royaume, en matière civile, commerciale, criminelle et administrative, M. Dalloz, 1826


Robert Massart
- 2015 -
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